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Restauration de la Synagogue Ben Ezra, Le Caire, Égypte

Au printemps de 1981, l'architecte canadienne Phyllis Lambert était en mission au Caire. Son frère, Edgar M. Bronfman, alors le Président du Congrès Juif Mondial (CJM), lui avait demandé d'identifier un site au Caire pour la création d'un centre inter-religions envisagé par le Président Anwar Sadat de l'Égypte après avoir signé les ententes historiques de Camp David en 1979. Ce projet de bonne volonté avait été lancé en 1980 lors d'une rencontre entre Edgar M. Bronfman et le ministre d'état égyptien pour les affaires étrangères, Boutros Boutros-Ghali. On s'accorda pour que le CJM entreprenne et finance un projet pour avancer l'esprit des accords de Camp David et encourager le dialogue entre les trois grandes cultures monothéistes de l'Égypte. Soucieux de ne pas perdre le momentum politique, le CJM s'est donné un mandat simple : identifier et mettre en valeur un site en Égypte qui mettrait en évidence les siècles de cohabitation intime des communautés islamique, chrétienne et juive. Le projet de restauration de la Synagogue Ben Ezra fut recommandé comme étant un projet idéal.

La Synagogue Ben Ezra, située dans le vieux Caire, était dans en piteux état de conservation, son histoire était incertaine, entourée de mythes vieux de plusieurs siècles. La synagogue n'était plus un temple actif mais demeurait néanmoins un endroit important pour les pèlerinages des Juifs anxieux de voir le site où les Maimonides priaient et le lieu de l'ancienne Geniza du Caire, un riche dépôt de livres vénérés et de manuscrits, de correspondance, de documents d'affaires et de divers fragments datant d'aussi loin que la période médiévale.

Durant dix siècles, la Synagogue Ben Ezra a existé juste à côté de la mosquée de Amr et des églises et monastères Coptes et Melkites (Chrétiens), protégée par les murs de fortifications romains datant de la fin du troisième siècle et du début du quatrième, formant un quartier unique dans le Vieux Caire. Dans les périodes d'occupation qui suivirent, la synagogue s'est épanouie ou a dépérie, sujette aux vicissitudes des autorités religieuses, du pouvoir politique et de la situation économique.

Le site de la Synagogue Ben Ezra est situé entre l'allée étroite Sainte Barbara et la rue Bani al-Adyira dans le Vieux Caire. Il comprend la synagogue et sa cour intérieure, plusieurs annexes, parmi lesquelles se trouve la maison du gardien. Il est bordé à l'est par le mur de fortifications romaines où l'on trouve les vestiges d'habitations communautaires du vingtième siècle, abandonnées après le dernier exode des Juifs de l'Égypte durant les années 1960. La synagogue actuelle est en fait une reconstruction datant de 1892 qui se veut une reproduction de la synagogue originale du onzième siècle.

L'étude de faisabilité préparée par l'architecte canadien Jacques Dalibard présentait un projet en trois phases : la Phase I serait consacrée aux réparations d'urgence de la couverture; la Phase II serait concentrée sur la recherche archéologique, les excavations, les études de génie pour régler le problème de la remontée de l'humidité, et des propositions pour l'architecture et l'architecture du paysage; et la Phase III serait la restauration complète de la Synagogue, la réinstallation des artéfacts restaurés et l'interprétation du site.

En fonction d'un accord signé en mars 1982, le travail de la Phase I a été géré par le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) alors que François LeBlanc était le Directeur du secrétariat et le représentant désigné de l'ICOMOS. Nimet Riad, une conservatrice canadienne d'origine égyptienne, fut détachée par l'ICOMOS en accord avec le Centre Canadien de Conservation, département des beaux-arts. Ses responsabilités initiales concernaient le relevé, l'inventaire, le nettoyage et l'entreposage de tous les artéfacts de la Synagogue Ben Ezra. Un permis fut accordé le 14 novembre 1982, et le processus de restauration de la synagogue débuta avec les réparations à la couverture de la synagogue.

Le projet de restauration fut retardé durant plusieurs années. Phyllis Lambert a réactivé le projet en 1987 et engagea l'architecte belge Johan Bellaert qui devint le coordonnateur de projet à temps plein, résidant au Caire. Il fut rejoint par le conservateur architectural John Stewart, natif de la Colombie Britannique, qui fut responsable des questions de philosophie de la conservation. En plus de ses responsabilités de Chef Conservateur en charge de la restauration des objets, Nimet Riad, résidant maintenant au Caire, assura le rôle d'officier de liaison.

Le 18 mai 1995, Edgar M. Bronfman, président du CJM a offert une réception en l'honneur de Mme Lambert au Pierpont Morgan Library de New York. Des dignitaires, architectes, professeurs et chefs religieux des communautés juives, chrétiennes et musulmanes furent invités. Après avoir chaleureusement félicité Mme Lambert pour son dynamisme et son engagement pour la restauration de la Synagogue Ben Ezra, le Dr. Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire Général des Nations Unies a exprimé l'opinion que : " la paix est l'entretien à long terme de relations amicales entre les gouvernements et les peuples. Dans la création d'une culture de la paix, la restauration du passé est une fondation pour la construction de l'avenir. " Il a ajouté son souhait que la restauration de la Synagogue Ben Ezra " demeure un monument au processus de construction de la paix au Moyen Orient, et au patrimoine culturel et spirituel de l'humanité. "

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Restoration of the Ben Ezra Synagogue in Cairo, Egypt

In the spring of 1981 Canadian architect Phyllis Lambert was in Cairo on a mission. Her brother, Edgar M. Bronfman, then acting President of the World Jewish Congress (WJC), had asked her to identify a site in Cairo for the foundation of an interfaith centre first envisioned by President Anwar Sadat of Egypt after the signing of the historic Camp David Accord in 1979. This goodwill project had been launched in 1980 with a meeting between Edgar M. Bronfman and then Egyptian Minister of State for Foreign Affairs, Boutros Boutros?Ghali. It was agreed that the WJC would undertake and finance a project to further the spirit of the Camp David Accord and encourage dialogue between the three great monotheistic cultures of Egypt. Anxious not to lose political momentum, the WJC mandate was straightforward: identify and establish a site in Egypt that would offer evidence of centuries of intimate cohabitation of the Islamic, Christian, and Jewish communities. The Ben Ezra Synagogue was recommended as an ideal project.

The Ben Ezra Synagogue in Old Cairo was in a state of neglect and disrepair, its history uncertain, supplanted by myths centuries old. No longer an active temple, the synagogue remained an important place of pilgrimage for Jews keen to see the site where Maimonides prayed and the former location of the Cairo Geniza, a rich store of revered books and manuscripts, correspondence, business records, and miscellaneous fragments dating as far back as the medieval period.

For ten centuries, the Ben Ezra Synagogue stood alongside the Mosque of Amr and Coptic and Melkite (Christian) churches and monasteries, sheltered by late third to early fourth?century Roman fortification walls which form a unique precinct in Old Cairo. Through the areas successive periods of occupation, the synagogue had flourished or languished, subject to the vicissitudes of religious authority, political power, and economic fortune.

The Ben Ezra Synagogue site is situated between the narrow St. Barbara Alley and Bani al?Adyira Street in Old Cairo. It includes the synagogue and its courtyard, and several annexes, among them the caretaker's house. Bordered by the eastern portion of the Roman fortification walls were the remains of early twentieth?century community housing, abandoned after the last exodus of the Jews from Egypt during the 1960s. The existing synagogue building was in fact an 1892 reconstruction of the original eleventh?century synagogue.

The feasibility study prepared by Canadian architect Jacques Dalibard defined the project in three phases: Phase I would be devoted to emergency repairs to the roof; Phase II to archaeological research and excavation, engineering studies for solutions to the problem of rising damp, and proposals for on?site architecture and landscape; and Phase III to the full restoration of the Synagogue, the reinstallation of restored artifacts, and the interpretation of the site.

Under an agreement signed in March 1982, the work of Phase I was managed by the International Council on Monuments and Sites (ICOMOS), with François Leblanc, Director of the International Secretariat, as ICOMOS representative. Nimet Riad, a Canadian conservator of Egyptian origin, was seconded by ICOMOS from the Canadian Conservation Institute, Fine Arts Division. Her initial assignment was to record, inventory, clean, and store all of the Ben Ezra Synagogue artifacts. A permit was granted on 14 November 1982, and the restoration process began with the re-roofing of the synagogue.

The restoration project was delayed for a few years. Phyllis Lambert reactivated the project in 1987, hiring a full?time resident project coordinator, Belgian architect Johan Bellaert. He was joined by architectural conservator John Stewart, a native of British Columbia, who was consultant for the ethical and philosophical issues of conservation. In addition to her duties as Chief Conservator in charge of fine arts restoration, Nimet Riad, now residing full?time in Cairo assured the role of liaison officer.

On 18 May 1995, WJC President Edgar M. Bronfman held a reception in Lambert's honour at the Pierpont Morgan Library in New York, attended by dignitaries, architects, academics, and religious leaders from the Jewish, Christian, and Muslim communities. After warmly commending Lambert for her dynamism and commitment to the restoration of the Ben Ezra Synagogue, Dr. Boutros Boutros?Ghali, Secretary General of the United Nations, expressed his view that " peace is the long?term fostering of friendly relations between governments and peoples. In the creation of a culture of peace, the restoration of the past is a foundation for the construction of the future." He added his wish that the Ben Ezra Synagogue restoration "would remain as a monument to peace?building in the Middle East, and to the cultural and spiritual heritage of humanity."

[click] Read the 'Recommendations for preservation' document prepared by Jacques Dalibard in 1981

[click] Read the article 'Preservation for Peace - Phyllis Lambert and the Ben Ezra Synagogue: Archaeology, Preservation, and History in Old Cairo', ARQ, No. 88, December 1995

For complete project details, read: Fortifications and theSynagogue: The Fortress of Babylon and the Ben Ezra Synagogue, Cairo, edited by Phyllis Lambert (London: Weidenfeld & Nicolson, 1994.) ISBN 0 297 83339 9. Hardcover editions available from Canadian Center for Architecture bookstore, Montreal.

[click] F. LeBlanc images from 1981

[click] F. LeBlanc images from 1983

[click] F. LeBlanc images from 1984